Vendredi 11 janvier 2008 5 11 /01 /Jan /2008 08:52

Cette étude de cas fait suite au cours de Géraldine Oury durant lequel nous avons commencé à commenter et analyser un extrait d'une quotidienne de la star academy 5.

-fonctions narratives des personnages :

Emilie au cœur du dispositif narratif. Emilie « seule contre tous » : dès la séquence d’introduction, Nikos pose les personnages dans leurs rôles (alors que pourtant on sait qu’elle dispose de soutiens dans le château, qui viennent en particulier de Pierre et Alexia. Elle se retrouve seule car ils sont en cours de sport et il ne reste avec elle que ses « ennemis » qui vont oublier de la réveiller. Un test scénaristique ? « si on la prive de ses soutiens quel sera le résultat ? quelle est sa cote auprès des autres ? »). Cristallise toutes les tensions autour d’elle. Elle est sans cesse montrée seule, à part, ou alors en train de faire des doléances à destination des autres. Elle est isolée moralement (« personne ne l’a réveillée » et les autres la blâment de la scène qu’elle fait au début du cours de sport –cf. Jill en salle d’interview « ce n’était pas nécessaire d’en pleurer »-) et doublement physiquement (son genou l’empêche de faire les mêmes exercices que les autres, ce qui l’isole puisqu’elle reste presque en permanence assise).  Mis à part au début, avec la séquence du cours particulier, qui semble montrée pour souligner le fait que pendant ce temps Emilie dort encore, elle est le centre de toute l’histoire, tout ce qui est montré semble l’être pour souligner sa position « à part » dans le groupe. A chaque fois que les autres sont montrés, c’est ensemble en train de parler d’elle, ou de la critiquer en salle d’interview. Emilie est la vedette du jour, d’abord présentée comme une victime, puis l’accumulation des remarques faites aux autres et de plaintes, montrées sans interruption les unes derrière les autres, provoque un basculement qui lui fait endosser le rôle d’  « emmerdeuse » et souligne le côté ridicule de sa « fixation ». Les autres se retrouvent indirectement légitimés dans leur agacement. Renforcé par le fait qu’elle suppose qu’on lui en veut parce qu’elle risque de « chanter avec Céline Dion sur le prime » (prétention). Son isolement souligne la cohésion du groupe face à elle. Elle est seule dans son camp, c’est forcément elle « la méchante ».

Alexia et Pierre : semblent montrés pour introduire le sujet du jour, à savoir les problèmes d’Emilie. Dès le réveil, dans la cuisine, ils font allusion au fait qu’elle a fait toute la vaisselle la veille au soir. Pendant leur cours particulier de sport, Pierre crie « je veux chanter avec Céline Dion », rappelant ce qui semble jouer pour une large part dans l’animosité du groupe envers Emilie, et Alexia crie « vous allez la faire cette putain de vaisselle » (référence à un autre sujet de conflit dont Emilie se trouve au cœur). Ensuite, on voit Emilie qui se réveille et s’aperçoit qu’elle est en retard pour le cours. Les trois thématiques du conflit sont posées. Le cours particulier de sport et le manque de tonicité musculaire des deux jeunes gens semble complètement anecdotique dans le procédé narratif. Ils sont simplement là pour introduire les grands sujets du jour, et ils ne se trouvent pas au cœur de ces sujets. D’autre part on remarque que le cours de sport rassemble les deux principaux soutiens amicaux d’Emilie (cf. suite de l’épisode, dans lequel on verra Pierre prendre sa défense et dire qu’elle mérite de chanter avec Céline Dion car elle est tout simplement la meilleure) => amène à faire des hypothèse : pense-t-on à elle quand elle se retrouve coupée de ses deux amis ? les autres, ceux qui ne l’aiment pas, ont-ils fait exprès ? Leur absence dans le château au moment du « drame » semble quoi qu’il en soit constituer un ressort narratif important.

Magalie : à partir du moment ou Emilie devient en quelque sorte la "prétentieuse ridicule", c’est elle qui endosse le rôle de victime et de « faible » face à la « forte » qui dit franchement ce qu’elle pense au point d’en faire trop. Magalie, elle, parle peu. Elle rêve de chanter avec Céline Dion depuis l’enfance mais elle « sait » que ça n’ira pas, et que c’est Emilie qui aura ce privilège. Vérifié à la fin de l’extrait, les rôles sont confirmés, Emilie triomphe et Magalie pleure. Magalie inspire de la pitié et est présentée comme modeste, lucide et gentille « je rêve de chanter avec elle depuis que j’ai huit ans, je ne suis pas la seule ici, je le sais », « ça ne sera pas moi ». A aucun moment elle ne fait de reproches à Emilie, sa jalousie n’est pas montrée par son discours. Elle se contente de poser les faits qui l’amènent à supposer qu’elle ne réalisera pas son rêve. Versant positif de la star academy, elle est « en compétition avec elle-même ». On le verra à plus forte raison dans la seconde partie de l’émission lors de son entrevue avec la directrice. Mais trop faible vocalement et moralement ? Le gagnant du jeu serait-il un personnage à mi-chemin entre ces deux profils ?

Les autres élèves : Hostilité envers Emilie parce qu’elle fait trop de duos, parce qu’elle a pleuré pour rien en cours de sport (Jill porte voix sur ce point). Soutien à Magalie (ils la réconfortent autour de la table de la cuisine).  Ils apparaissent au moment ou les rôles sont déjà en train de basculer, comme pour renforcer ce basculement. La victime, la faible, c’est Magalie, pour preuve « on est tous autour d’elle ». 

Le professeur de sport joue le rôle d’oreille compatissante, fait figure au début de seul soutien physique (il masse son genou) et moral (il la réconforte) pour Emilie. Rééquilibre en quelque sorte les forces dans le conflit. De plus, tout comme le professeur de théâtre, il va lui permettre d’extérioriser sa colère. Il lui laisse la parole au début de son cours, tandis que le professeur de théâtre lui permettra indirectement d’en remettre une couche en se servant de l’exercice proposé (elle y refait référence dans son improvisation : «  tout va bien, le réveil a sonné, je l’ai entendu etc. ».

-construction temporelle, chronologie, rythme de l’émission

Construction hyper linéaire qui suit apparemment le déroulement de la journée, avec par moments des séquences alternées montrant ce qui est sensé se produire à un autre endroit du château au même moment (ex. pendant le cours particulier de sport Emilie se réveille). Plusieurs techniques pour marquer le rythme : les sonneries qui marquent la fin des cours et nous rappellent qu’on est bien dans une école, et qui annoncent à chaque fois un changement de séquence qui aura lieu peu après. L’histoire semble finalement se dérouler dans un cadre secondaire par rapport à elle (les images en sport et en théâtre servent principalement à montrer le mécontentement d’Emilie) mais en quelque sorte « le cadre l’encadre », il est là pour rappeler que les élèves ne sont pas seulement là pour ça, que la vie en communauté caresse un objectif précis : gagner un jeu, apprendre le métier d’artiste. Rejoint les observations sur la séquence d’ouverture. Le cadre est important car il donne du sens à la narration en la situant dans une finalité qui la dépasse. NB. La narration en elle-même est également rattachée à la finalité du jeu au moment ou intervient l’histoire du duo avec Céline Dion. « ce n’est pas qu’une histoire de panne d’oreiller et de vaisselle, il y a de vrais enjeux et peut être des stratégies derrière. Ce qu’on vous montre n’est pas anodin et inintéressant, contrairement aux apparences ». Permet de pallier la relative faiblesse narrative de ce qui est montré (on est dans le « réel », et qui dit réel dirait même en principe « absence de scénario ». La pauvreté narrative est elle envisagée comme un moyen de renforcer le réalisme du programme ?).

-fonction narrative des séquences en salle d’interview

Dispositif très spécifique au genre « téléréalité ». les participants sont invités à s’isoler pour prendre du recul sur les événements et donner leur avis « en privé », en s’adressant en quelque sorte au téléspectateur. Participe de l’effet de réalité, de réalisme. « le dispositif dans lequel on les enferme est bien crée de toutes pièces, mais les personnages sont « vrais ». Emprunt aux genres du réel comme le reportage ou le documentaire avec les interviews d’acteurs pour créer un effet de réalisme, de « documentaire », et ainsi casser le côté sitcom hyper scénarisé du programme et lui fabriquer un aspect journalistique. Important révélateur du genre hybride de l’émission. « regardez ce sont de vraies personnes sous vos yeux, elles vivent les événements en vrai et elles en parlent devant vous sur le ton de la confidence ».Traditionnel en real TV depuis le premier Loft Story et son fameux « confessionnal ». Dans Hélène une mise à distance du dispositif était effectué pour renforcer la « réalité » des sentiments, dans cette émission on prévoit des temps de mise à distance avec le déroulement de la narration pour renforcer la « réalité » de celle-ci (aussi bien des sentiments que de « ce qui se passe » concrètement).  Une façon de dire que malgré certaines apparences on n’est pas dans la fiction mais bien dans un « genre du réel ».

-fonctions narratives des sous titres

-idem : renforcement d’un « effet de réel » et appui pour orienter, pour cadrer l’interprétation des images : double paradoxe. Idée que le téléspectateur a besoin d’une médiation par les sous-titres pour cerner la complexité de ce qui se passe. Que peut on dire de ce genre de dispositif ? dans quels autres genres télévisuels retrouve-t-on parfois des sous-titrages et quelle est leur fonction ?

Dans les journaux télévisés, documentaires, reportages : utilisés pour présenter par exemple les acteurs interviewés, évite d’ajouter au montage une séquence de présentation, allège le dispositif. Permet aussi au téléspectateur arrivé en cours de programme de savoir immédiatement qui parle et parfois de quoi on parle, ou où l’on se trouve. Un dispositif narratif qui permet ordinairement de ne pas « tout dire » et de ne pas « tout montrer ».  Utilisé aussi pour la traduction des paroles d’intervenants étrangers, ou souvent qui s’expriment avec un accent très prononcé qui rend la compréhension de ce qui est dit potentiellement difficile pour le téléspectateur. Permet aussi de pallier à des difficultés techniques rencontrées pendant le tournage. Ex. une personne interviewée en extérieur en plein vent, problèmes de son mais ce qu’elle dit est considéré comme très important et ne pouvant pas passer « à la trappe » : alors on ajoute un sous titrage.

Dans les jeux : ex. les questions sont affichées à l’écran pour que le téléspectateur puisse facilement participer, s’impliquer dans le jeu.

Les sous-titres (mis à part dans le cas particulier du cinéma) sont plutôt des dispositifs narratifs spécifiques aux genres du réel. Dans le cas d’un programme comme la star academy, ils semblent pour l’essentiel utilisés dans une logique de médiation, de renforcement du scénario proposé. On nous montre « ce qu’il faut voir » dans les images pluri-sémantiques (vous avez vu en sémiologie qu’il y a plein de manières d’interpréter, de lire une image). Ex. au cours de théâtre ce n’est pas « Emilie travaille son sens de l’improvisation » mais bien « Emilie ne se remet toujours pas de sa panne d’oreiller ». Sans cela l’image pourrait bien évidemment être lue différemment. Les sous-titres en « rajoutent une couche » pour nous guider dans les cadres d’interprétation prévus par le scénario et ses concepteurs. Double effet narratif : souligne l’effet de réalité, dispositif typique des genres du réel (évite l’intervention d’un narrateur, personnage caractéristique de la fiction) et oriente l’interprétation, joue un rôle de médiation dans la compréhension de cette réalité qui est montrée à l’écran. Liée au scénario et pas à des contraintes pratiques comme dans les JT. En real-tv les sous titres sont plus là pour créer un effet de genre, leur utilité ne joue pas sur le même tableau.

-illustration narrative des valeurs du programme

Complexe et souvent contradictoire car on est en permanence dans le tiraillement entre les valeurs de compétition et de dépassement de soi (avec leur lot de jalousies, de rancoeurs et de mesquineries) et celles de l’amitié, de la solidarité, de l’entraide entre membres du groupe. La compétition oui, mais sans excès.

> Le dépassement de soi : cf. le cours de sport

> A relier : « Etre en compétition avec soi-même », et pas « avec les autres »

> Solidarité, entraide

> Soumission à l’autorité, respect des professeurs, de « ceux qui détiennent le savoir ». Les élèves obéissent aux ordres et les approuvent. L’idée que tout ce qu’on leur dit de faire est systématiquement « pour leur bien » revient régulièrement.

> Idée assez perverse que le plus important dans cette « école » est d’apprendre des choses, d’apprendre à devenir un artiste. C’est ce qui est dit à plusieurs reprises mais c’est tout le contraire qui est montré par la narration, qui se focalise totalement sur les conflits personnels et les relations entre les élèves. La vie à l’école, la succession des cours etc. ne sont dans le cas présent qu’un décor, qu’un cadre qui légitime le récit (on en parle parce qu’ils sont dans une école et dans un jeu reposant sur la compétition « artistique » entre individus) dans lequel on nous raconte des histoires d’ambitions personnelles, de jalousies etc qui pourraient se produire finalement un peu n’importe où dans le cadre d’une compétition de longue haleine.  Le cadre est là uniquement pour justifier que « l’on nous parle de ça ».

Pour conclure : Qu’a-t-on relevé qui va dans le sens d'une hybridation des genres télévisuels à l'oeuvre dans la star academy ? Hybridité générique du programme. « réalité » + jeu + scénarisation (fictionnalisation) + sérialisation + ponctualité, suspense = téléréalité ? Le succès de la star academy semble pour une large part tenir de l’équilibre, de l’alchimie entre les différentes composantes de sa recette hybride. La stratégie de programmation, la mise en série et la péremption rapide de l’émission, la diffusion « en direct », tout comme sa dimension d’  « actualité » nous rapprochent du genre « information télévisée », donc de l’un des genres du réel par excellence. A travers sa mise en série et ses ressorts très scénarisés (renforcés via l’utilisation des sous titres en particulier) on nous renvoie davantage au genre « sitcom » ou plus largement à la série télévisée. Le portrait ne serait pas complet sans l’appartenance au monde du ludique, du jeu, de la compétition, évoquée dans le scénario à travers les rivalités entre élèves pour chanter avec Céline Dion et les appels au vote des téléspectateurs (« c’est vous qui décidez, votez pour sauver votre candidat préféré", autre effet de réel mais qui renvoie cette fois à la réalité, au réalisme du jeu). Les trois composantes génériques du jeu sont intimement reliées les unes aux autres et constituent un triangle indispensable au bon fonctionnement et, on le suppose, au succès du récit. Ex. retirez le cadre de la compétition, du jeu : l’enjeu Céline Dion disparaît et la colère d’Emilie n’est plus rattachée à quelque chose de plus important => perd nécessairement de son intérêt, nécessiterait une scénarisation différente, qui se suffirait à elle-même. Si on retire le dispositif narratif de référence au réel, la pauvreté scénaristique ne serait plus acceptable pour le téléspectateur. Il ne se passe pas grand-chose et « ce n’est même pas pour du vrai » = c’est juste une mauvaise série télé sans aucun intérêt.  Etc. François Jost propose la synthèse suivante de l’idée que nous venons d’évoquer : « Les premières émissions de téléréalité se bâtissent donc, non sur une image de notre réalité (qu’y a-t-il de réel dans le spectacle de quelques jeunes enfermés dans un studio –château- sans aucun des soucis de la quotidienneté dans la société : travail, courses, rencontres, rendez-vous etc. ?), mais sur un application ludique des principes de construction de la réalité par le JT ». Ce à quoi nous ajouterons l’idée d’emprunt de certains codes de la fiction pour pallier la pauvreté événementielle de cette réalité recrée en vase clos (décors toujours identiques comme dans la sitcom, scénario etc.) Citation du directeur des programmes de M6 au moment du lancement du premier Loft Story : « C’est un jeu. Ce n’est pas la réalité. C’est pourquoi on a essayé d’inventer ce mot de fiction réelle. Fiction parce qu’il y a scénarisation, il y a une règle du jeu. Et réel, parce qu’il s’agit de personnages réels et pas d’acteurs ». (Thomas Valentin, Le téléphone sonne, France Inter le 4 mai 2001).

Par Cédric Terzi - Géraldine Oury
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /Jan /2008 13:59
Bonjour à tous,


Conformément au dispositif mis en place par l'université, je serai présente demain pour mes deux séances de cours, aux horaires et dans les salles habituels. Pour que nous puissions réellement faire de cette séance un moment profitable pour vous, merci d'arriver autant que possible avec des questions préparées.

Cordialement,


Géraldine Oury.
Par Cédric Terzi - Géraldine Oury - Publié dans : infos pratiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 21:17
Je tiendrai également une permanence ce mercredi 19 décembre, de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00.
Je ne sais pas encore dans quel lieu je me trouverai. Je mettrai des indications sur la porte du bureau T304.
Ce sera une dernière occasion pour mettre au point les modalités d'examen du CM et la remise des dossier du TD. (Je serai bien sûr également disponible aux même horaires pour les étudiants de L1).
Cordialement. Cédric Terzi
Par Cédric Terzi - Géraldine Oury - Publié dans : infos pratiques
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 17:39
Je tiendrai une permanence demain  mercredi  de 10 à 12h et de 14 à 16h au bureau T304 (au troisième étage du bâtiment extension, prenez la passerelle qui mène aux salles E200 puis l'escalier situé au fond du couloir à gauche) , pour rencontrer ceux qui le désirent et répondre à toutes vos interrogations sur le dossier.

Cette journée de reprise de contact a été négociée avec l'AG, vous pourrez donc normalement franchir les barrages sans problèmes.

Je vous invite à profiter de ce moment qui sera sans doute le dernier que nous passerons ensemble avant la date de retour de vos travaux. Préparez des questions et n'hésitez pas à me présenter une ébauche de votre travail si vous avez commencé. Bien évidemment, je continuerai à répondre aux mails et aux commentaires de ceux qui n'auront pas pu se déplacer.

Cordialement,

Géraldine Oury.

Par Cédric Terzi - Géraldine Oury - Publié dans : infos pratiques
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 12:07

Bonjour à tous,

 

Face à l’annonce de la reconduite du blocage, nous vous proposons ici l’extrait du sitcom « Hélène et les garçons » qui devait être étudié dans le cours de Géraldine Oury et son analyse narrative. L’ensemble n’est pas mis en forme ni rédigé comme attendu dans vos dossiers, ce sont des notes qui devaient servir à un échange et à un travail collaboratif entre nous. Ne le prenez donc pas comme un exemple parfait de ce qu’il faut faire pour réussir puisque vous devrez rédiger votre analyse et soigner la présentation. Par contre cela vous donnera des idées sur le type de thèmes qui peuvent être abordés et vous aidera à comprendre le type de réflexions que nous attendons dans le troisième point du dossier.

 

Comment utiliser au mieux cette ressource ?

 

Nous vous invitons à commencer par regarder la vidéo plusieurs fois si nécessaire, en travaillant d’abord seul sur les 4 thématiques d’analyse que je vous propose : faites en un exercice. Ensuite seulement, complétez votre analyse ou si nécessaire corrigez le tir avec la « correction » (qui n’en est pas vraiment une, puisque comme cela a été répété à plusieurs reprises pendant nos séances, rien n’est à priori « faux » dans une analyse narrative : toute proposition / interprétation peut être acceptable pour autant qu’elle soit correctement justifiée et argumentée.)

 

Encore une fois, n’hésitez pas à utiliser les commentaires, faute de mieux pour l’instant nous pouvons en faire un véritable espace d’échange et de discussions. Proposez y vos remarques, vos analyses et vos réflexions personnelles sur l’extrait vidéo, nous réagirons, nous vous orienterons et ça ne pourra que vous aider en enrichissant le "corrigé".

Par Cédric Terzi - Géraldine Oury - Publié dans : Etudes de cas
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 12:03

 

 

Nous rencontrons des difficultés pour mettre la vidéo en streaming directement sur ce blog.  Ceux pour qui elle ne s'affiche pas peuvent donc la télécharger à l'adresse suivante : http://www.megaupload.com/?d=IZQ00IYS


(même procédure que pour télécharger les exemples de transcriptions)



Nous vous proposons de travailler sur les quatre points suivants :
 

- Caractéristiques et fonctions narratives des personnages (indices dans le texte de D. Pasquier)

- Fonctions narratives des décors 

- Utilisation des rires enregistrés 

- Valeurs du programme, travail de légitimation des valeurs via la narration.

 
 

 

Vous trouverez une analyse point par point dans le post ci-dessous, qui se termine par une synthèse qui fait le lien avec le texte de Dominique Pasquier étudié ensemble.

Par Cédric Terzi - Géraldine Oury - Publié dans : Etudes de cas
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 11:56

Rappel bref de ce qui a déjà été dit avant le blocage (lors du travail sur le générique)

Le générique peut être vu comme une séquence d’ouverture qui contient énormément d’éléments de promesse sur ce que l’on va voir dans l’épisode. Les aventures d’un groupe d’amis étudiants, passionnés par la musique qui vivent ensemble en colocation. Le tout est enveloppé par une chanson d’amour qui parle de la beauté et de la souffrance que peuvent générer les sentiments. Aucune référence à des rapports amoureux entre personnages n’est montrée à l’écran mais à travers la bande son les sentiments viennent enrober, envelopper l’ensemble ce qui amène à penser qu’il s’agit là de la dimension principale du programme. Le générique se présente en quelque sorte comme une « proto-forme » de la série collège à la française, un récit à part entière dans lequel on pourrait sans doute inscrire le contenu de tous les épisodes existants.

 

Fonctions narratives des personnages

Les fonctions narratives des personnages semblent marcher par paires ou par couples exactement comme leurs caractéristiques (cf. Pasquier page 16 : « Dans Hélène et les garçons par exemple, le couple Hélène / Nicolas a été crée par opposition au couple Johanna / Cricri. Le premier couple incarne la fidélité, la pureté, la stabilité ; le second la passion, les remises en question, l’incertitude. Comme l’explique l’un des concepteurs de la série, « on leur a presque donné des couleurs, blanc et noir »), ce qui correspond bien à une fiction dont le principal sujet est les rapports amoureux.

- Hélène et José :
immédiatement préoccupés et touchés par le problème de Nathalie, pour deux raisons différentes. Hélène, parce qu’elle est fondamentalement gentille, ce qui est présenté au départ comme un défaut (« ça doit être mon côté Saint-Bernard », « t’es trop gentille »), et José parce qu’il la connaît mieux que les autres, il a eu une histoire avec elle. Lui aussi voit son inquiétude tournée en dérision par ses copains au départ. Mais finalement, dès que tout le monde connaît la raison pour laquelle Nathalie doit quitter la fac, l’ensemble du groupe les rejoint sur le mode compassionnel et dans leur désir d’aider leur ennemie. José et Hélène sont des moteurs de l’intrigue, des personnages prescripteurs qui orientent les sentiments de leurs amis, fonction essentielle puisque la mise en intrigue repose principalement sur une évolution sentimentale (on la déteste, on est touchés parce qu’elle vit un « drame », on veut l’aider parce que « personne ne mérite de vivre ça ».)

- Johanna et Christian :
Le couple passionné, bruyant, « drôle ». tous deux sont les premiers à critiquer Nathalie et à refuser de la plaindre. Ce sont eux qui ont les mots les plus durs à son égard et surtout qui vont jusqu’à reprocher ou tourner en ridicule la compassion de José et d’Hélène. Mais dès qu’ils connaissent la raison, leurs sentiments basculent dans le camp des deux leaders émotionnels. Ensuite le côté vif et imaginatif de Christian l’amène à trouver la solution le premier mais c’est Hélène qui le canalisera (pas un concert mais une soirée) et qui l’amènera à être pris au sérieux par les autres. C’est  lui le créatif qui amène la solution à leur problème, mais c’est Hélène qui va permettre de la concrétiser en le prenant au sérieux la première. « C’est ptetre pas si bête comme idée »

- Cathy et Etienne :
Position intermédiaire, couple tampon aux fonctions narratives moins affirmées. Eux aussi sont touchés par le problème de Nathalie, eux aussi suivent rapidement Hélène et José mais ne voient pas de solution. Ce sont des suiveurs, des moralistes et des « poseurs de difficulté ». Ex. dans la discussion au garage c’est toujours Etienne qui pose les questions sur des points délicats qui vont faire avancer Christian dans sa réflexion. « Et qu’est ce qu’elle va nous apporter à part de l’amusement ta soirée ? », « Et il y a encore un problème, ou va-t-on la faire cette soirée ? ».

- Hélène et Nicolas :
le couple miracle dont la reformation en séquence 5 va amener la solution à émerger. C’est à partir du moment ou ils arrivent ensemble que la solution proposée par Christian va prendre forme et se concrétiser. Hélène met en forme les idées de Christian et Nicolas contribue à les concrétiser en allant demander à son père « sa collection de disques sixties ».

- Nathalie :
personnage seul, très peu présent mais essentiel puisque l’intrigue se noue entièrement autour d’elle. Elle n’est jamais là mais ils parlent d’elle en permanence. Elle a une fonction narrative essentielle et des caractéristiques bien définies qui permettent de faire ressortir les valeurs des autres : elle est méchante, on ne l’aime pas trop mais on va l’aider quand même parce que personne ne mérite ce qui lui arrive.

 

Fonctionnement par groupes : les garçons, les filles. On remarque que c’est toujours lorsqu’ils sont réunis dans la mixité que l’intrigue avance le plus. A la salle de gym, c’est le moment ou tout le monde est enfin au courant des raisons pour lesquelles Nathalie quitte la fac, et dans le garage, la solution apparaît enfin. Comme si l’amitié et surtout l’amour pouvaient permettre de surmonter toutes les difficultés de la vie. Les filles sont plus dans les sentiments (c’est Hélène qui est présentée comme la première à avoir pitié de Nathalie), les garçons dans l’action (ce sont les premiers à se dire qu’il faut trouver une solution).

 

Fonctions narratives des décors (la cafète, le garage, la salle de gym, la chambre des filles, le garage). Le garage fait figure d’espace central ou tout le monde se retrouve autour de la musique, c’est le lieu ou l’intrigue avance le plus. On y apprend pourquoi Nathalie quitte la fac et on y trouve la solution. On remarque aussi que la fameuse solution apparaît dans ce qu’ils ont autour d’eux, tout se passe en vase clos. La solution est de faire de la musique dans la cafète. La chambre, lieu d’expression du sentimental « entre filles ». Une valeur importante émerge : avec de l’imagination et une chouette bande d’amis on peut trouver la solution à tous les problèmes, rien qu’en regardant autour de soi, sans chercher bien loin. C’est l’amitié qui résout les problèmes.

 

Valeurs du programme et illustration narrative des valeurs

- La solidarité et la compassion, des valeurs presque bibliques, « tendez la main à vos ennemis », matérialisées à travers le personnage d’Hélène que rien ne rattache à Nathalie à part de mauvaises expériences et qui se montre pourtant immédiatement affligée pour elle. Mais tout le monde la suit dans ses pensées charitables à partir du moment ou ils apprennent la raison du départ de Nathalie : l’argent.

- Nous amène à un deuxième élément : l’argent ne peut pas, ne doit pas être un problème, mauvaise raison pour se débarrasser de leur ennemie. Il y a toujours des solutions aux problèmes matériels quand on a de bons amis autour de soi. Le manque d’argent est présenté comme une injustice qu’il faut réparer, partant de là tous se retrouvent à nouveau sur un pied d’égalité et pourront à nouveau s’affronter pour de vraies bonnes raisons dans les prochains épisodes, à savoir les valeurs phares du programme : l’amour, la fidélité, l’amitié. Mais :

- Idée que « l’on a ce que l’on mérite dans la vie ». Nathalie est méchante, volage, et l’idée qu’elle mérite ce qui lui arrive est évoquée par Johanna avant qu’elle connaisse les vraies raisons de son départ. Une fois qu’elle sait que c’est l’argent, cette idée n’est plus évoquée. C’est l’humain qui doit primer sur le plan financier, et tous refusent de voir l’idée que son père soit ruiné comme une sorte de « punition divine » pour sa méchanceté. « On a ce que l’on mérite dans la vie », oui, mais pour autant que l’on reste dans l’humain, dans le comportemental et dans le sentimental, les sphères ne doivent pas se mélanger. Ca, c’est valable quand on examine les fonctions et le comportement des personnages. Mais cette idée persiste quand on réfléchit au scénario du programme. Le problème arrive « comme par hasard » à une fille extérieure au groupe, méchante, infidèle et volage qui cause sans arrêt des ennuis au groupe d’amis. Ce qui permettra de faire encore davantage ressortir la bonté et la compassion qui émane du groupe d’amis, bien plus que si le problème était arrivé à l’un des leurs. Logique : effectivement on a ce que l’on mérite dans la vie puisqu’elle risque de quitter la fac, mais la bande trouve que Nathalie ne le mérite pas car il ne faut pas mélanger problème d’argent et problèmes relationnels et humains. « c’est pas parce qu’on ne l’aime pas et qu’elle est méchante qu’elle n’a pas le droit de faire des études ».

- Valeur de fidélité en amour
: Nathalie est volage, ce qui l’amène à ne pas être prise au sérieux par le groupe qui commence par tourner ses problèmes en dérision. Elle paye son mauvais comportement au regard des valeurs de la série et du groupe de héros. On se moque d’elle, et elle sera l’objet des seules allusions explicitement sexuelles de l’extrait, qui renvoient à une vision négative et dangereuse de la sexualité (« l’heureux élu du soir n’était pas très en forme… », « elle a attrapé une MST ? », idée qu’elle multiplie les partenaires et des dangers que ce type de comportement peut présenter à la foi en termes de santé et en termes d’image que l’on donne de soi aux autres). Les rapports amoureux entre les membres du groupe sont au contraire montrés de façon très fleur bleue, c’est « Mon Etienne », « Mon Nicolas », « Mon Cricri ». Leur amour s’exprime par des mots et des petits baisers sur la bouche, rien de plus, on est plus dans le sentimental que dans le sexuel. Une vision très adolescente de la vie amoureuse, qui correspond sans doute à ce que peuvent vivre les jeunes téléspectateurs. Ils sont romantiques, ne supportent pas l’idée d’être séparés les uns des autres. « Si on va en prison je ne verrai plus mon Etienne », « si je devais quitter la fac manquer d’argent ne serait pas un problème mais je ne supporterai pas de ne plus voir mon Cricri ». Leur amoureux/se est plus important/e que tout le reste, même que leurs études. Idée que c’est avant tout dans la vie de couple que l’on trouve le bonheur, que tout doit commencer par là. Très apparent dans un autre épisode que j’ai regardé avant de choisir celui-ci, ou une des filles disait à propos d’un des garçons qui était seul suite à une rupture : « il est seul ce n’est pas sain à son âge, ce n’est pas bon, c’est terrible il faut faire quelque chose ». 

- L’amitié triomphe de tout :
Ils trouvent la solution ensemble une fois que le groupe est au complet (Nicolas est revenu), chacun fait avancer la réflexion autour de Christian et Hélène.

- Discours sur la féminité et sur la masculinité :
passe par la douceur, l’amour, la fidélité et la compassion bien plus que par les apparences extérieures. Etre féminine est avant tout être sensible et romantique. Mais on insiste aussi sur le devoir de prendre soin de soi pour continuer à plaire aux garçons (cf. Pasquier page 12) « les filles sont soucieuses de leur beauté, s’inquiètent du moindre kilo superflu, adorent courir les magasins. Bref, elles cherchent à plaire au garçons. Ce n’est pas pour les aguicher, c’est pour mieux les couvrir de tendresse. Jolies mais surtout gentilles. Elles ont envie d’avoir beaucoup d’enfants, aiment les choses naturelles et imaginent déjà leur future maison ». De plus leur apparence de féminité extérieure se fait sur un mode non agressif, tout comme est montré leur amour pour les garçons. Elles se maquillent légèrement, par exemple, et portent des tenues assez peu provoquantes (pantalons, hauts amples, pas de talons, pas de minijupes, contrairement à une Nathalie très court vêtue). Elle souligne aussi une vision très androgyne de la masculinité (page 16 aussi, lire l’extrait).

 

Quelques pistes de réflexion sur la fonction des rires enregistrés :

On a des rires, des cris et des applaudissements très nombreux qui viennent souligner certaines répliques. Dispositif narratif visant à cadrer, à orienter la réception de la narration. 

- Particulièrement présent quand ils disent des choses méchantes au sujet de Nathalie, comme pour dédramatiser leurs « vacheries » à son égard. « Ils sont gentils, finalement c’est plus drôle que méchant, et on les comprend ».

- Présents quand Christian propose des choses sérieuses, des solutions à leur problème. Ses copains ne le prennent pas au sérieux et le public non plus. Les rires enregistrés contribuent à l’enfermer un peu plus dans son personnage de rigolo de service qui a des idées folles et impossibles à réaliser.

- A la fin le public applaudit quand Christian le demande. Cf. imite le dispositif des sitcoms américaines enregistrées en public, même si ce n’est pas le cas d’Hélène et les garçons. Accompagnent aussi souvent les moments où les personnages rient eux-mêmes. Cf. intéressant à rapprocher des travaux de Jérôme Bourdon sur la notion de « direct » à la télévision. (« le direct, une politique de la voix ou la télévision comme promesse inaccomplie » Cf. Revue Réseaux n° 81). Les rires enregistrés créent l’impression qu’on assiste à un spectacle qui est vu quelque part par de vraies gens, par un vrai public. Nous met à distance du dispositif, casse encore un peu plus le « réalisme » pour nous rapprocher des acteurs. Renvoie encore une fois au dispositif théâtral. Ramène au texte de Dominique Pasquier et à ses remarques sur les confusions et le flou qui règne entre l’actrice Hélène Rollès et le personnage Hélène. Le fait d’avoir gardé le prénom est sans doute une manifestation de plus de la volonté de maintenir et de renforcer cet effet de floutage entre fiction et réalité.

 

Synthèse appuyée sur ce qui a été vu dans le texte de Dominique Pasquier :

Un dispositif narratif voyant, sans recherche d’effet de réalisme (décors carton pâte, coupures entre séquences très soulignées, présence de rires enregistrés en pagaille), qui amène à se focaliser d’abord sur les personnages, leurs caractéristiques et les valeurs qu’ils portent. La mise en intrigue est utilisée pour légitimer leur façon de vivre et de penser par l’exemple et le contre-exemple (être amoureux, fidèle et avoir de bons amis = être heureux et écouté, dans de bonnes dispositions pour aider les autres ; être seul, volage, intriguant = être difficilement écouté et aidé quand on a des ennuis, mettre sa santé en danger, n’avoir aucun soutien ni bons conseils en cas de problèmes). On est presque dans un programme pédagogique type « leçon de morale par l’exemple », très centré autour du personnage phare d’Hélène, qui rassemble en elle tout ce qui fait « quelqu’un de bien » au regard de l’émission. Une jeune femme généreuse, sensible, fidèle en amour et en amitié, à l’écoute des autres et simple dans son allure.  On retrouve cette idée évoquée par Dominique Pasquier comme quoi les enfants aiment la série parce qu’elle leur apporte des réponses claires et rassurantes aux questions qu’ils se posent sur les rapports amoureux et la sexualité. « Hélène et les garçons » apporte par la démonstration narrative des réponses claires, fermes et tranchées sur ce qu’il faut faire et ne pas faire, sur ce qui est bien et ce qui n’est pas bien et sur ce qui est le plus important dans la vie.

 

Deuxième élément important, la mise en avant du dispositif narratif pourrait être interprétée, dans la continuité des théories de Jérôme Bourdon, comme « un effet de direct ». On place le téléspectateur comme s’il regardait une retransmission de pièce de théâtre à la télévision. Il peut même entendre les rires et les réactions des spectateurs. Et comme au théâtre, l’apparence du dispositif rapproche le spectateur des comédiens, tout en l’éloignant un peu du récit. L’effet de réalisme est bien présent, mais il joue sur ce plan là. Vous ne regardez pas quelque chose de réel, vous regardez un spectacle, des acteurs qui vous racontent une histoire. Ce dispositif permet une focalisation sur les sentiments exprimés et sur la confusion entretenue entre les comédiens et les personnages de la série. Entretenue par les fanzines etc. et révélée par le contenu du courrier des lecteurs. Comme le dit Dominique Pasquier, (page 6) « Le courrier permet de comprendre comment l’artificialité des décors, des intrigues et des personnages peut être lue à un autre niveau, celui de la réalité des sentiments ressentis. Hélène n’est pas une connaissance du monde, c’est une expérience du monde. Et de ce point de vue la série est considérée par tous ces enfants, quel que soit leur pays d’origine, comme réaliste. Ce qu’on y éprouve est vrai. C’est au nom de cette réalité émotionnelle que l’on peut prendre Hélène comme confidente… ». Le dispositif se montre de façon voyante, montre qu’on est dans le faux pour mieux faire ressortir la réalité des sentiments. Cf. au théâtre, beaucoup de similitudes, on est dans un art de l’instant, du ressenti, à proximité palpable des acteurs (la série nous rapproche d’eux, essaie de recréer cette intimité via les rires), tous ensemble dans un dispositif clairement apparent, et prêts à se laisser embarquer par l’histoire et les sentiments sans être perturbés par des dimensions secondaires (un beau décor, le fait de se croire dans la vraie vie etc., comme souvent au cinéma par exemple.) La série Hélène et les garçons semble donc proposer un contrat de lecture qui cadre parfaitement avec la réception qu’en faisaient ses petits fans du début des années 90. D’autant plus que l’apparence du dispositif permet un détachement rapide et facile, dès qu’on ne se sent plus touché par ce qui est dit et vécu par les personnages, tout devient « nul et irréaliste ». C’est l’adhésion émotionnelle qui fait tenir tout l’édifice, donc plus rien ne retiendra un ado qui ne se retrouve plus dans la série. 

Par Cédric Terzi - Géraldine Oury - Publié dans : Etudes de cas
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 7 décembre 2007 5 07 /12 /Déc /2007 12:14
Nous vous proposons deux exemples de transcriptions réalisés par Cédric Terzi. Les fichiers ne pouvant être stockés directement sur le blog, nous les avons mis à votre disposition sur un serveur de téléchargement.

- Le premier exemple (fichier au format pdf) est une émission de la télévision suisse, Tout en région, datée du 16 octobre 2000, qui traite d'une catastrophe naturelle :

Pour y accéder : cliquez sur le lien suivant http://www.megaupload.com/?d=TFF6GO8O 

- Le deuxième exemple de transcription (fichier au format .doc) a été donné comme sujet d'examen aux étudiants de L2 en 2006-2007. Il s'agit d'un reportage diffusé par une télévision associative suisse gérée par des adolescents, sur le thème "frimeurs et allumeuses".

Même procédure pour le téléchargement, suivez le lien : http://www.megaupload.com/?d=60YNHIFH

Procédure pour télécharger : Recopiez le code de sécurité à trois lettres dans le cadre en haut à droite, puis cliquez sur download. Patientez pendant les 45 secondes indiquées (compteur), puis cliquez sur le bouton Free download qui est apparu. Votre téléchargement est lancé.
Par Cédric Terzi - Géraldine Oury - Publié dans : consignes et conseils divers
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 5 décembre 2007 3 05 /12 /Déc /2007 10:13
Nous vous proposons ici quelques références d'ouvrages et d'articles  dont la lecture vous permettra de compléter et d'enrichir la matière étudiée ensemble en cours et pourra également vous aider dans vos travaux personnels. Cette liste reste bien sûr non exhaustive, nous l'enrichirons au fur et à mesure. Tous ces textes sont bien entendu disponibles à la BU. L'ensemble des numéros de la revue Réseaux cités ici sont également consultables en ligne, gratuitement et en texte intégral, à l'adresse suivante : http://enssibal.enssib.fr/autres-sites/reseaux-cnet/

Daniel Dayan et Elihu Katz : « Définir l’événement : les grandes fêtes de communication de masse », in La télévision cérémonielle, Paris, PUF, 1996, pp. 1-27

- François Jost, Comprendre la télévision, Paris : Armand Colin, 2005 (Ouvrage général sur l'analyse de la télévision, très complémentaire du cours de G. Oury, déjà recommandé en début de semestre).

- François Jost, L'empire du Loft, Paris : La Dispute, 2003 (réflexion sur le genre téléréalité).

- Harvey Sacks, « Faire ‘être comme tout le monde’ », in Jean-Paul Thibaud, Regards en action. Ethnométhodologie des espaces publics, A la croisée, 1992, pp. 201-210


- Revue Réseaux n°81, Le genre télévisuel (en particulier les articles de Joel Bourdon, La politique du direct, et de Noel Nel, Généricité, séquencialité, esthétique télévisuelles).
- Revue Réseaux n°70, Médias, identité, culture des sentiments (Article de Serge Proulx et Marie-France Labergé, Vie quotidienne, culture télé et construction de l'identité familiale, notamment pour illustrer et creuser la pensée de Paul Ricoeur à propos de l'impact des récits sur l'indentité culturelle et le fonctionnement social).

- Revue Réseaux n°63, Télévision et débat social (Article de Dominique Mehl, La télévision compassionnelle, qui traite en particulier du genre "reality show" et en général de l'intime à la télévision).

- Revue Réseaux, n° Hors série de 1993, Sociologie de la télévision (spécifiquement la partie consacrée aux programmes  : Sylvie Blum, Gérard Cornu et Michèle Mattelart, Sabine Chalvon Demersay sur les feuilletons télévisés).

- Revue Réseaux n°132, Les récits médiatiques (en particulier la présentation par
Jocelyne Arquembourg & Frédéric Lambert, pp. 9-23)


- Paul Ricœur, « Temps et récit. La triple mimèsis », in Temps et récit, 1. L'intrigue et le récit historique, Paris, Seuil Points/Essais, 1983, pp. 105-162

- Pugniere-Saavedra Frédéric,
Les contraintes du genre sur la production de l'humour pour deux programmes télévisuels français de format court, disponible en ligne à l'adresse suivante :
http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00000602/en/ (Analyse de deux programmes courts à la lumière de la notion de genre télévisuel : Caméra Café et les Deschiens).





Par Cédric Terzi - Géraldine Oury - Publié dans : consignes et conseils divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 5 décembre 2007 3 05 /12 /Déc /2007 10:07

 

mot/

mot

Intonation montante

Intonation descendante

mo:t

Allongement vocalique

> mot <

Débit plus rapide

mo-

Troncation d'un mot

Comme, extra 

MOT

° mot °

Prononciation accentuée, appuyée

Volume de voix plus fort

Volume de voix plus bas

xxx

- Syllabes incompréhensibles

- Segment inaudible

(mot)

Segment difficilement audible, hésitations du transcripteur

[

[

Chevauchement de deux tours de parole

(1)

(.)   (. . )  (…)

(1.5) ital.

Pauses en secondes

Pauses de moins d'une seconde (diverses longueurs)

Silence correspondant à l’écoute de l’interlocuteur au téléphone

=

=

Tours de parole "enchainés" de deux locuteurs (se suivant sans pause)

&

&

Continuation du tour d'un même locuteur

par-

Troncation

Mot * 

       * va vers 

 

- Description de phénomènes non-verbaux articulés

à un tour de parole (simultanéité)

- Alignement d'une partie d'un tour de parole  avec une action non verbale du locuteur

_xx

Alignement d'une partie d'un tour de parole avec une action non verbale de l'interlocuteur

((rire))

Phénomènes décrits de manière non détaillée

regarde DEà

 

Actions non verbales (ici un regard) réalisées pendant toute la durée d'un tour de parole

CHR (italique)

Participant effectuant des actions non verbales

Va vers salon

(italique)

Description d'actions non verbales

 

mot (en gras)

mot +, ++, +++

 

mot -, --, - - -

Gradation énervement dans la voix :

énervé

plus énervé (gradation par rapport au tour précédent du même locuteur)

moins énervé (gradation par rapport au tour précédent du même locuteur)

Hhh

Respiration ; la répétition de la lettre h correspond à une durée plus importante



Ces conventions vous sont proposées à titre d'exemple, et ont pour but de vous montrer les différents éléments que nous voulons retrouver à l'intérieur de votre transcription.  N'hésitez pas à l'adapter, et à utiliser couleurs, tailles de police etc. pour en optimiser la lisibilité. Pensez aussi à intégrer la description des décors.
Par Cédric Terzi - Géraldine Oury - Publié dans : consignes et conseils divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus